Un pont trop vite

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

 2100 mètres en travers du fleuve

2007  Jc Grosso  http://www.panoramio.com/photo/3211931   Le pont Brazzaville–Kinshasa est un projet de construction de pont route-rail sur le fleuve Congo, reliant les deux capitales séparées par près de 4 km. Un premier projet sur le site Stanley avec un pont de 2.100m avait été conçu en 1991, mais il tomba à l'eau suite au manque de paiement et aux différents problèmes internes aux deux pays. Un tel pont permettrait de relier Kinshasa au port en eau profonde de Pointe-Noire en une seule ligne ferroviaire. En 2003, la Cellule d’infrastructures de transport, qui coordonne les projets routiers en Afrique centrale en coopération avec l’Union européenne, a repris l' idée en proposant un nouveau site, en aval des capitales, où le fleuve s'étend sur 500 m. Les experts estiment le coût de construction entre 40 et 80 millions de dollars US.


DECRYPTAGE:
       Depuis le tunnel sous la Manche et les folies de Dubaï, on peut tout construire. Le risque est de façonner des éléphants blancs. La première question du pont de Brazza est celle des dépenses prioritaires: quelle fluidité de transport pour quel volume de transport avec quelles capacités de la voie ferrée Brazza-Pointe Noire? Ensuite, vers quoi mènera ce pont? Kinshasa seule n' est pas une destination nationale. La capitale sert de terminus pour le vaste réseau fluvial ( Nb 17.000 Km sur tout le pays) et de transit vers la voie ferrée de Matadi. Avec le pont, il y aura un avantage à relier, un jour, la voie ferrée du Kasaï et du Katanga …. Lorsqu’ elle sera construite. Mais le gros du trafic concernera toujours la partie Nord du Pays. L’ essentiel des marchandises passeront toujours par les bateaux fluviaux et la rupture de charge est inévitable.  Avec des transbordements qui se feraient toujours à Kin, le pont ne fait pas vraiment la différence. La différence serait que les transbordements se fassent à Brazza. Il y a bien d' autres priorités. 


26.06.2009  Radio Okapi     Pour le ministre congolais du Plan, « la RDC est une puissance économique qui se redéploie. Nous avons besoin de différentes portes avec nos 9 voisins. On n’a pas voulu simplement faire ce pont. Nous avons décidé que nous ferions le chemin de fer, avec l’appui de la Banque africaine de développement, avec l’appui de la CEEAC, entre Kinshasa et Ilebo. Nous allons connecter l’Afrique. C’est un projet extrêmement ambitieux. Il fallait franchir le pas. »


Pour le président de l’Assemblée provinciale du Bas Congo, un pont entre Kinshasa et Brazzaville entraînera la perte des ressources générées par la nationale numéro Un entre Matadi et Banana. « Même le maréchal Mobutu a laissé ça; il s’est toujours opposé à cela. Je ne sais pas comment tout à coup les autorités accèdent à ça. Et les autorités du Congo ont peur de dire la vérité au peuple congolais. Mais, je le dis : c’est une perte, c’est une faiblesse et la RDC le paiera très cher. »

DECRYPTAGE    Le chemin de fer Ilebo Kinshasa est dans la Phase II des infrastructures chinoises... Cela fait désordre de recourir, en double, à la BAD.

 

Mobutu avait opté pour le Pont Maréchal " route-rail-le-plus-long-du-Monde », comme alternative du financement des aciéries japonaises qui pouvait porter sur la liaison ferroviaire Ilebo. Le pont Maréchal devait relier Matadi au port en eau profonde à Banana. Aucune liaison ferroviaire n’ a été construite, ni le fameux port de Banana.

 

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