Un mètre carré, de plus inaccessible, par creuseur!
Le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi conclut: « il faudrait descendre avec le professeur Yan Gorus à Kinshasa pour qu’ils leur montre. Parceque un jour, cela va amener des désordres, les gens vont s’entretuer ».
DECRYPTAGE Une affaire de Gorus? ou une nouvelle illustration des problèmes de bonne gouvernance? Illustration avec les 200.000 creuseurs du Katanga.
1. Le code minier exige le recensement annuel des creuseurs. Ils ne peuvent opérer que sur des sites et sur des minerais qui leur sont désignés sur la « carte de creuseur ». Les creuseurs ont même des obligations environnementales.
En 2009, à peine 200 creuseurs katangais se sont fait recenser.
2. Le Code minier exige de réserver et déterminer des gîtes affectés à l’ exploitation minière. Tout le Katanga minier a été attribué à des opérateurs à vocation industrielle, exceptés 6 sites miniers qui ont été réservés pour l’ exploitation artisanale des creuseurs actuels et des générations futures. ( Karukuruku (3²), Shamitumba( 4²), Kampina (6²), Karajipopo (3²), Tombolo ( 8²) et Karoano ( 2²)).
Le Katanga compte environ 584.000 carrés miniers ( Nb de 85 hectares, chacun). Les 6 sites réservés aux creuseurs totalisent 26 carrés miniers seulement, soit 0,004%, pour soutenir l’ activité artisanale actuelle et celle des années futures, jusqu' à épuisement des réserves minérales.
3. Comme tous les discours, tous les rapports indiquent qu’ il y a au moins 200.000 creuseurs au Katanga, ces 26 carrés miniers allouent à peine 1 mètre carré par creuseur.
4. Pour comble, les 6 sites réservés ont été vendus à des entreprises, et les creuseurs n’ y ont pas accès.
5. Toute l' activité des creuseurs katangais, en dehors de sites réguliers, ainsi que les filières de vente, de traitement et d' exportation, sont illégales.