La tentation costaricaine
01.10.2009 RadioOkapi L’armée congolaise est vieillissante et caractérisée, notamment, par le manque d’une politique claire et ordonnée d’acquisition et de maintenance des équipements, ainsi que par des carences profondes au niveau de l’instruction militaire, technique et morale. Pour remédier à toutes ces insuffisances, le ministre de la défense propose une réforme qui devrait s’étaler sur dix ans avec trois grandes étapes: la préparation, la deuxième, la montée en puissance des FARDC, et enfin, la formation d’une armée dissuasive. Mais pour cela, il faudra un budget conséquent, évalué en centaines de millions de dollars. Le ministre a présenté un projet de loi organique portant organisation et fonctionnement des Forces armées congolaises (FARDC).
On rafistole une armée qui est à la base du déclin de pays, depuis les mutineries de 1960, une armée qui n' a plus jamais triomphé contre un ennemi extérieur, mais qui insécurise au quotidien les populations et leurs droits. A chaque coup dur, il a fallu recourir à des mercenaires ou à des troupes étrangères. L' armée devrait être redimensionnée et intégrer les accords militaires, la diplomatie et le droit international qui garantit l' intangibilité des frontières. Ceci mène à évaluer le modèle du Costa Rica qui a constitutionnellement supprimé son armée en 1948.
Car se pose aussi le problème de financement. Une vraie armée coûte cher. Mais d' où viendra cet argent, lorsque les ressources budgétaires sont maigres et qu' il y a bien d' autres priorités pour la reconstruction et le développement? Il faudrait que le concept de l' armée dépende des ressources budgétaires réelles et équilibrées, de la grande étendue du pays ( 2,4 millions de KM2), des origines, de la nature et des capacités des menaces futures. Le modèle costaricain reste tentant.