Katanga Business- 2è saison
AUTRES REGARDS SUR KATANGA BUSINESS
Trends Erik Bruyland Thierry Michel déclarait à propos de son film que « Pour Katumbi, le grand défi consiste à réaliser la transition d’une exploitation minière artisanale à une exploitation moderne.» Bien que très délabrée, la Gécamines était une machine qui aurait pu redémarrer relativement vite. Mais on ne recherche que rarement, voire jamais, les causes de la dérive — à partir du début des années 1990 — vers des formes primitives d’exploitation minière. Ni dans les milieux politiques, ni dans les milieux académiques. Ni dans le film Katanga Business. Le cinéaste Thierry Michel laisse entendre que la région minière connaît une révolution industrielle. Or c’est une régression industrielle qui s’y déroule.
Le Monde Moïse Katumbi est le héros de Katanga Business. C' est un politicien africain d'un genre nouveau. Au volant de son 4 × 4, il dit "j'ai 60 millions de dollars", 60 millions qu'il a empochés en achetant l'une des dépouilles de la Gécamines. Comme tous les politiciens africains, il se déplace les poches pleines de billets, qu'il distribue aux pauvres comme aux riches : à des mineurs, il donnera quelques dizaines de dollars, des milliers aux joueurs du club de football de Lubumbashi, qu'il dirige. Ce potentat se transforme instantanément en tribun, haranguant une foule de grévistes, désamorçant l'émeute qui vient. On le voit prendre à partie les cadres chinois d'une mine, qui laissent leurs ouvriers aller pieds nus, et tancer sévèrement le directeur de la douane, arrivé en retard à son bureau. Que le gouverneur ne tienne pas ses troupes ou qu'il soit un adepte du double discours, les humbles restent exposés à la violence des milices des sociétés minières ou de la police. On voit cette dernière tirer sur une manifestation pacifique. Pour Thierry Michel, Moïse Katumbi " est un démagogue à la façon d'un Berlusconi ou d'un Chavez"
Syfia Tout de blanc vêtu et coiffé d’un chapeau, Katumbi débarque dans une mine. Les travailleurs l’écoutent et l’acclament. Mais ne serait-il pas lui-même l’acteur de cette culture congolaise, où finalement le pouvoir politique c’est la prédation d’abord ?
Libération Chistophe Ayad Vu son jeune âge, le gouverneur peut espérer un jour diriger le pays et les similitudes ne manquent pas avec Mobutu, notamment dans cette scène incroyable où il descend aux vestiaires, à la mi-temps, donner ses consignes personnelles à chacun des joueurs de son équipe de foot. Populiste et démagogue, Katumbi n’a pas son pareil pour retourner les ouvriers en colère, susciter l’enthousiasme un peu puéril et versatile des Congolais, aussi prompts à brûler ce qu’ils ont encensé.